bliss
De ma lecture assidue de 20ANS j’ai appris et retenu qu’être pervers, c’est s’imaginer que tout le monde est comme soi-même, avec les mêmes désirs et les mêmes passions. Eh bien, je dois donc être perverse car je pense qu’il est impossible de ne pas aimer les morceaux classiques suivants :
• 3e mouvement du concerto pour violon en ré opus 77 de Brahms
• 1er mouvement du concerto pour piano n°2 en do mineur opus18 de Rachmaninov
• « Erlkönig » deutsch 328 de Schubert
• les quatre derniers lieder de Strauss
• le divertimento n°1 en ré majeur Köchel 136 du petit Mozart (16 ans et toutes ses dents à l’époque)
• « Dinner with the Beast » extrait de l’Opéra « La Belle et la Bête » de Philip Glass
• le 1er mouvement de la sonate n°5 en fa mineur pour violon & clavecin BVW1018 de Bach

Commentaires sur bliss
- BMW 1052-> Headsign : Ah oui, j’adore aussi le 1er mvt du concerto pour clavecin BWV1052.
L’introduction, avec tout l’orchestre à l’unisson est pour moi typique de ce que je dis souvent : Bach est lourd. Et même, il a donné ses lettres de noblesse à la lourdeur. La lourdeur chez Bach, c’est une épaisseur, une consistance, une vigueur, une force baroque qui saisit et tétanise l’auditeur.
« Lourd » pour moi n’est pas un défaut. Bach, Beethoven, Wagner ou Strauss sont des compositeurs lourds.
Cela dit, des interprétations du 20e siècle, encore plus empreintes de Wagner que de l’esprit baroque, ont prodigieusement alourdi ces quelques mesures du début de ce concerto… Chez un Ton Koopman, par exemple, cette lourdeur est beaucoup plus sautillante.
Le plus beau passage vient juste après : quand l’unisson des premières mesure éclate en de scintillants arpèges de clavecin (ou de piano), comme une fusée de feu d’artifice.
Les versions piano de ce concerto sont très belles, car comme toujours, chez Bach, chaque voix séparée est belle en soi, et le piano fait nettement mieux que le clavecin ressortir la voix qui lui est attribuée. Mais je crois qu’au départ, c’était quand même bien prévu pour un clavecin.
Dans les versions avec clavecin comme celle de Ton Koopman, on entend surtout le doux bruissement du clavecin, sur lequel viennent ces vigoureuses parties orchestrales comme des montagnes dans la plaine.
Sur Deezer, ma version préférée est celle-ci :
http://www.deezer.com/fr/music/playlist/classic-2-43425187#music/masques/bach-concerti-sonata-136329
Cela dit, j’aurais aimé en entendre une version beaucoup plus rapide, car moi, je l’aurais joué beaucoup plus vite. J’aurais bien vu Glenn Gould en faire une version à 200 à l’heure ! - Hm. Je trouve la version du BWV 1052 #1 de Masques un peu bâclée. L'orchestre est trop lourd et ne fait pas place au clavecin aux moments opportuns. Et puis il y a un dynamisme un peu saccagé, surtout dans les attaques, qui concurre avec le rythme propre de l'oeuvre.
Pour moi, une version idéale de tous points de vue serait celle de Trevor Pinnock:
http://www.youtube.com/watch?v=Kpqm1hxgH-w
Quant aux versions au piano, elles étouffent le dramatisme qui est construit dans la discrépence entre le clavecin (haut et tranchant) et l'orchestre (grâve et lourd). Autant que j'aime et admire Glenn Gould, son jeu ne convient pas tellement à ce genre d'oeuvre. Il me semble, à certains moments, un peu hésitant.
Pour finir: les version à cordes (Streicher)– là, on dirait déjà entendre du Vivaldi
- Bonheur à tout momentYo ! Non cultivé en la matière, et cherchant à corriger un tant soit peu ce manque, j'ai écouté la version de Trevor Pinnock suggéré par votre lecteur Headsign. Effectivement, je comprends ce qu'il précise à propos de la "présence" du clavecin. En tous cas, c'est beau.
Vous remarquerez par ailleurs, que nous évoquons ici la beauté de la musique, terme habituellement dédié à ce qui s'apprécie visuellement et non à ce qui se savoure de façon auditive.
En ce qui me concerne, et au risque de paraître... disons... basique (mes compétences musicales sont comparables à celles d'un vers de terre en mathématiques), la suite 1 du Prélude de Bach me donne des frissons, quelque chose qui me fait vibrer de la racine des cheveux à l'échine. Il y a dans l'interprétation de Rostropovitch quelque chose de magique, même si, personnellement, je trouve cette interprétation trop rapide (mais quelle maîtrise du violoncelle les copains !). En l'écoutant, je survole des forêts à flanc de montagne par une belle journée d'été. Allez savoir pourquoi ! Peut-être parce que c'est simplement magnifique.
Ça fait aussi partie de ces petits bonheurs que l'on peut savourer à tout moment de l'année.
Quant à "Bliss", moi pas comprendre non plus. Ça y en a être un blog trop grave de la tête pour mes deux neurones
- Et moi, je n'arrive pas à concevoir qu'on puisse trouver un quelconque intérêt à la musique de Glass. Pour moi c'est tout juste bon à servir de tapis à un diaporama de dauphins.
Sinon, belle surprise de découvrir ce matin que votre blog est de retour! Je l'avais laissé pour mort après l'avoir assidûment suivi, et là, ben je suis contente! Chouette!










*pas BVW
**sinon, je suis plutôt Rock'n'Roll