27 janvier 2009
Sauter.
Dans les premiers tomes de la série « Benoît Brisefer », ceux qui sont dessinés par Peyo, il y a quelques cases dans lesquelles on voit Benoît Brisefer sauter en l'air très haut. Ces cases me fascinent, mais je ne saurais pas dire pourquoi. Dans un des derniers Astérix, Astérix fait la même chose. Je ne suis donc pas la seule que ces cases aient fascinée.
21 janvier 2009
City.
J'ai déjà dit ici que ma chanson préférée des Rita Mitsouko était « Mandolino City ». J'ai découvert le clip de cette chanson récemment sur internet. J'étais contente de le voir : pour moi, il est tout imprégné d'un esprit « années 90 » qui me réjouit beaucoup : • filmé de façon hyper réaliste avec une caméra vidéo d'amateur Il y a vraiment une inversion radicale par rapport aux clips précédents, aux couleurs flashy et aux décors artificiels bariolés, comme « Marcia Baïla », « Andy » ou l'incontournable « C'est comme ça » de Mondino, clip culte des années 80.
• dans un pur « non-endroit » éclairé au néon (une cantine ? les cuisines d'un restaurant ?)
• sans aucune sophistication mais avec au contraire un souci de minimalisme et de vérité des expressions spontanées des gens dans la vie de tous les jours.
20 janvier 2009
Une source d'inspiration féconde.
À la fin du 19e siècle, courant du 20e, des changements radicaux et inouïs se sont produits dans la société occidentale. L'art n'a eu qu'à puiser dans ces changements pour se réinventer de la façon la plus radicale qu'il ait connu. Depuis le milieu du 20e siècle, plus rien n'a vraiment changé. Un « hibernatus » de 1960 qui se réveillerait à notre époque serait à peine étonné de ce qui l'entoure. Par rapport aux changements considérables qu'il aurait connu dans sa jeunesse, il serait sûrement déçu et il nous dirait : « mais c'est vous qui avez dormi depuis 50 ans ! ». Du coup, l'art n'a plus tellement aujourd'hui de source à laquelle boire une inspiration nouvelle.
17 janvier 2009
Pompage.
J'ai été très frappée de voir que beaucoup de blogs ont parlé de la disparition de Horst Tappert, l'acteur allemand qui jouait l'inspecteur Stephan Derrick dans la célèbre série télé.
Il y avait là-dessous pas mal d'ironie, bien entendu, mais quand même, j'ai trouvé ça sympa : il avait donc une vraie popularité.
(nota : l'image ci-contre est tirée de l'excellent blog l'hypopothèque)
14 janvier 2009
Évelyne et moi.
J'adore la chanson « Évelyne et moi » de Daniel Balavoine (que j'adore infiniment, comme vous savez peut-être déjà). Je ne sais pas comment s'appelle la forme de cette chanson : c'est pas couplets-refrain, mais seulement une espèce d'air de quelques mesures qui se répète plusieurs fois d'affilée, sans presque de variation à part dans l'orchestration (et les paroles bien sûr). Un peu comme la chanson « Boomerang » de Gainsbourg. Et cette répétition pourrait se poursuivre à l'infini, car sa fin semble toujours appeler son recommencement. La deuxième entrée du thème est ma préférée : Balavoine chante à l'unisson avec une guitare électrique. L'unisson est une technique trop peu utilisée à mon goût.
12 janvier 2009
Je préfère rester couchée, tiens !
Une chose qui me consterne dans notre société, c'est son mépris pour l'image. C'est très paradoxal, car en apparence, elle adore l'image. L'image est partout : cinéma, DVD, photo, télé, pub, jeux vidéo… Même les téléphones sont désormais inconcevables sans images. Cependant, alors que les images prolifèrent, le mépris à leur égard est énorme. Deux exemples : • l'autre jour, au journal télé, ils faisaient un reportage sur les 80 ans de Tintin. On aurait pu s'attendre à voir des dessins de Hergé : eh bien non. Du moins, très peu. L'essentiel du reportage était illustré par les dessins animés adaptés de Tintin. Une autre fois, j'avais vu un reportage sur Moebius à Arte… Idem : ils montraient essentiellement les décors qu'il avait dessinés pour le cinéma, et très peu ses dessins de BD. Et quand il en montraient, ils les animaient en faisant bouger par exemple un vaisseau spatial dans le ciel… Consternant ! • j'ai lu l'autre jour les programmes d'arts plastiques au collège. Tout l'enseignement de 3e tourne autour de la notion d'espace, mais le mot perspective n'y est pas mentionné une seule fois ! De toute façon : la perspective n'est plus enseignée à l'école... Aberrant !
09 janvier 2009
L'ordre des choses.
Malheureusement, Monica Lewinski est une personne à qui les médias se sont trop peu intéressés. On a beaucoup parlé d'elle en creux, bien sûr, et le monde entier la connaît, mais juste par rapport à Bill Clinton, et non pas pour elle-même. Au mieux, on avait d'elle l'image d'une dinde un peu stupide. Or, la seule fois où je l'ai vue à la télé parler en vrai, une chose qui aurait dû être une évidence depuis le départ m'est apparue immédiatement : c'est une femme très fine, très intelligente. Bien sûr : ne décroche pas un stage à la Maison Blanche qui veut !


08 janvier 2009
Quand c'est le bon moment...
Une notion qui me fascine, c'est celle d' « âge d'or » . Quand au Louvre, on passe des statues grecques aux statues françaises du 19e siècle, on est frappé par deux choses : 1ère chose : c'est pareil Les premières sont le fruit d'un âge d'or, et sont magnifiques à tout point de vue, les secondes, c'est tout juste si on accepte de perdre le temps qu'il faut pour les regarder. Idem pour les comédies américaines : pourquoi celles des années 30-40 atteignent-elles presque immanquablement une grâce qu'on ne retrouve plus jamais après ? Je crois que le seul âge d'or que nous vivions en ce moment est un âge d'or des séries américaines.
2e chose : ça n'a rien à voir !
06 janvier 2009
Ne pas perdre de temps.
Aujourd'hui à « Tout arrive », l'émission d'Arnaud Laporte sur France Cul, ce petit dialogue savoureux :
Arnaud Laporte : – Philippe Avron, pour conclure cette émission : le fantôme de Shakespeare, comment est-ce qu'il vous accompagne ? Quel genre de présence ?
Philippe Avron : – Quand Benno m'avait proposé de jouer le rôle d'Hamlet, j'avais eu l'orgueil de lui dire : « Je voudrais pas perdre de temps parce que je voudrais écrire ».
(rires)
Il m'avait dit : « T'écriras mieux quand tu auras joué Shakespeare ».


05 janvier 2009
Il faut tout faire soi-même.
Les œuvres d'art ne sont pas entièrement les œuvres d'une seule personne : elles sont aussi très largement des œuvres collectives. Les œuvres de Mozart, par exemple : c'est clairement Haydn qui en a inventé la grammaire, le vocabulaire. Eh bien, je trouve que les œuvres sont plus ou moins individuelles. Ainsi, le rock par exemple : pris séparément, un bon morceau de rock n'a pas moins de valeur qu'une symphonie de Beethoven. La vérité, l'invention, la profondeur peuvent y être comparables, mais dans le morceau de rock, elles sont largement le fait d'un savoir-faire élaboré collectivement par tous les groupes de rock qui ont précédé, et dans la tradition desquels le groupe qui en est l'auteur se place de façon largement volontaire et assumée. Alors que chez Beethoven, ce qu'il est allé chercher en lui-même occupe une place prépondérante.

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