J'aime donner des leçons.
Je suis surprise de voir à quel point les philosophes ont toujours ignoré totalement le caractère clivant des âges de la vie. Ils ont toujours raisonné comme si il y avait une vérité et une sagesse uniques, valables pour tous les âges de la vie. Pour moi qui ai d'abord étudié le marketing, cette absence de segmentation ne va pas du tout de soi. Il me semble au contraire évident que la sagesse n'est pas la même pour un adolescent, pour un jeune de 20 ans, pour un trentenaire, un quadra etc. Ainsi, il y a un proverbe que je n'accepte pas : « Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait ». Déjà, il est moche, mais en plus, il suppose qu'il existe un « être idéal » qui possède le pouvoir du jeune et le savoir du vieux. Biens sûr, cet être n'existe pas, et le fait de l'imaginer nous condamne à nous considérer perpétuellement comme étant incomplets. Je refuse cette idée : pour moi, on peut atteindre la complétude à chaque âge, une complétude toujours différente, liée à la tranche d'âge dans laquelle on se trouve.
Chaque chose à sa place.
Il y a un dicton turc qui dit : « La pierre a sa présence là où elle se trouve » C'est assez fort…



Au petit matin.
Tu as pris une lampe et tu ouvres la porte,
Que faire d'une lampe, il pleut, le jour se lève.
Yves BONNEFOY




From here to ear.
Je vais tâcher de rendre compte d'une installation que j'ai vue dans la galerie Xippas à Paris (108 rue Vieille-du-Temple) et qui m'a beaucoup plu. L'artiste s'appelle Céleste Boursier-Mougenot et son oeuvre « from here to ear » : Dans une grande salle de la galerie, il y a une allée bordée de deux parterres de gazon. Sur le gazon, il y a trois guitares électriques posées à plat sur des tiges d'environ 1m de haut, qui font comme des tables (ou comme des fleurs, si l'on veut). Chacune des guitares est reliée à un ampli. Toute l'astuce provient du fait que :
Peinture à l'huile.
J'admire infiniment le critique d'art Hector Obalk qui intervient souvent dans « Elle » ou dans « le journal de la culture » sur Arte.
Voici un extrait d'un livre d'entretien entre lui et François Boisrond, peintre du mouvement de la figuration libre. Le livre s'appelle « bête comme un vrai peintre ».
« Il y a une anecdote que je raconte toujours à propos de ce tableau pour expliquer que « Boisrond est un peintre, ce n'est pas un graphiste ! » – en tout cas dans ses meilleurs tableaux.
C'est à propos du caisson lumineux de l'enseigne « TATI », dont une partie est au soleil et l'autre à l'ombre. J'expliquais qu'il faut être peintre et pas graphiste pour avoir perçu qu ce genre de caisson de plastique est, en réalité, beaucoup plus visible à l'ombre que noyé sous le soleil.
C'est peut-être une évidence, mais je suis sûr que n'importe quel graphiste aurait rendu la portion de l'enseigne qui est à la lumière plus lisible et plus contrastée que l'autre. »
Moi, je serais effectivement tombée dans le piège.


Désillusions.
« Je suis jeune encor mais déjà je sens J'aime beaucoup ces vers.
Des regards contondants
Et des griffes et des dents. »


Contacts.
Parmi les dessinateurs que j'adore, il y a bien sûr Michel-Ange. Car je ne le considère pas comme un peintre, mais bien comme un dessinateur. Et lui-même se considérait comme un dessinateur aussi. On le voit bien sur ce détail célèbre : dans les mains, qui sont vraiment dessinées, puis coloriées, et encore plus dans les cheveux de l'ange en bas à droite. On voit si nettement les trais de contour qu'on dirait presque de le ligne claire !

Le dessin a quelque chose de plus intelligent que la peinture, je trouve.
Finalement, la peinture est un phénomène très occidental : les autres civilisations ont plutôt pratiqué le dessin, non ?

Mort et résurrection du cheval.
Surtout : ses dessins sont vraiment des dessins de BD. Ils portent la narration avec une évidence étonnante. Un jour, Christophe Blain sera publié dans la Pléïade.
Parmi les dessinateurs que j'adore, il y a bien sûr Christophe Blain. Son trait sinueux et minimaliste me fascine. Clarté et noirceur y cohabitent magnifiquement, et ses couleurs sont remarquables.

Faire mousser.
L'autre jour j'ai dit du mal des années 1990. Entre temps, j'ai retrouvé un numéro spécial de Technikart sur les années 90. En fait : il y a eu plein de choses ! Exemples : Aimé Jacquet, le Prozac, Laurent Boyer, Friends, Jackie Berroyer, le Viagra, la Gameboy, le futon, la twingo, le portable, Pamela Anderson, la fin de la Yougoslavie, la (fausse) vogue du X, Doc Gynéco, Act Up, les reality shows, la French touch, les mangas, les drag queens, Édith Cresson, Kurt Cobain, les boys bands, Voici, 93 NTM, les Nike Air, Quentin Tarantino, Daft Punk, les sushis, Dolly, Lady Di, le Döner kebab, les Simpsons, Maastricht et Internet. Eh oui : Internet, quand même. Dans les années 80, j'aurais été obligée de faire mon blog sur minitel (36 15 Évelyne), ou sur un mur comme Boulet dans son dernier post...


Pas peur des mots.
Un truc pour quoi je regrette de ne pas être catholique, c'est la confession. Je suis très favorable à la confession.
Le mot confession en soi est très beau : il évoque Saint-Augustin, Rousseau, Dumas (Mireille, pas Alexandre).
Par contre, j'ai horreur de l'expression « à confesse » ! Le mot est d'une laideur époustouflante ( je vous fais pas un dessin ! )










